J’écris… Jusqu’à l’overdose et bien plus. J’écris non pas pour oublier mais pour ne plus me souvenir, un
instant, de ces moments si communs et pleins de sens. Des rêves obsédants, qui ne me demandent qu’à tendre la main. Mais mes tendons sont constitués de la bienséance qui mène nos pas, mes muscles
sont une savante alchimie de temps et d’argent. Le tout est bien trop court pour espérer effleurer ces fantasmes dont le besoin m’est viscéral autant que vital. L’absence du désir mène au néant,
il n’empêche que dévorée par ce même désir, je suis vouée à une ardente décrépitude. Rongée par ce brasier inaltérable de pulsions que je me refuse à taire. Je n’ai jamais su doser mes passions à
tel point que celles ci ont désormais une existence propre, guettant tapies entre les méandres de mon esprit bordélique, la moindre esquisse de mélancolie pour surgir et donner l’assaut de mes
moindres vaisseaux. Ce fait était assez inéluctable, et bien qu’elles m’asservissent à leur tour, je ne peut nier qu’elles représentent mon salut face à un monde vil et menaçant. Fœtus d’un
espoir infini qui atrophie jusqu’aux réflexes gravés au plus profond de moi même par autrui.
Je suis un noyau brut en devenir, refusant de laisser s’envoler ce qui promet de composer la chair de mon fruit
futur. Décidée à choisir l’effusion de saveurs plutôt qu’une fade flagrance. Nul besoin d’engrais pour me protéger des insecte téméraires, nul nécessitée de m’emmurer dans une serre pour
améliorer mon apparence au profit du goût. Je ne suis ni pomme ni banane ni orange… Pas plus que mangue litchi ou pamplemousse. Je ne suis qu’un savant mélange d’hématies et d’adrénaline
entêtante, et même une longue saignée ne saurait me vider de cette bille, partie intégrante de mon être. Boulle de nerfs aux connexions nombreuses et indomptables, imprévisibles. Je suis un
milk-shake dont l’absorption conduit irrémédiablement à une euphorie certaine.
I need Feeling
J’écris pour épancher mes fontaines interdites,
Ces cristaux d’émotions qui gênent ou bien ravissent,
Pour pardonner au temps ces longues heures maudites,
Dont les vagues ici bas quelquefois me meurtrissent.
J’écris pour que se mêlent sagesse et folies,
Pour les livres ouverts distillant l’alchimie,
J’écris pour que reviennent comme un échos les larmes,
Que s’accoutument mes fièvres à ce torrent de charme.
Il y’en a qui ronflent suite à un orgasme, moi je me risque à frapper enfin aux portes de Morphée après avoir réintégré une certaine sérénité suite à quelques pages noircies par une plume qui
parfois m’échappe et mêle tourments et amours dans la même écume.