Certain tuait pour l’argent…Certainement y trouvaient ils une volupté étonnante…Mais ceux là était contraints de garder leur sobriété, rester sur leurs gardes afin de ne pas risquer de ce faire submerger par ce torrent de sensations exquises, innommées et innommables… Au risque que leur travail perde sa qualité. Ezechiel qui n’était soumis à aucun aléa de sa conscience avait tôt fait d’atteindre le paroxysme de l’ivresse lors de la plupart de ses crimes, point de non retour ou personne n’avait encore mis les pieds. Douce euphorie qui était vite devenue un besoin jamais assouvi. Frénésie qui s’approfondissait à chaque nouvelle expérience, au hasard de ses proies.
Radicale absence de nostalgie au souvenir de ce qu’il avait été autrefois…Un humain parmis les mortels. Jamais il n’aurait pu assassiner de la sorte. Son esprit alors restreint à un mince champ libre aurait eu à vaincre des obstacles en nombre. Maintenant qu’il se trouvait totalement maître de lui même, il avait accès au moindre possible s’offrant à lui. Si vous définissiez l’orgasme comme de la chair saturée de pensée, vous obteniez le quotidien de cet impudent vampire seul dirigé un libre arbitre que certains aurait désiré des plus restreints. Si en cours de route il perdait de son ardeur, il la ranimait à grand renfort de mise en scène. Pour que le fantasme soit efficace, il fallait l’effusion de sang. Extravagances qui n’étaient en revanche pas du tout au goût de ses victimes qui en faisaient les frais. Cet animal était en tout cas, avec sa créativité débridée, un danger pour tout ordre établit.
Sa longue silhouette filiforme au teint cadavérique non sans lui apporter une beauté certaine n’avait pas esquissée un mouvement, se trouvant toujours face à la sorcière. Cette dernière ayant assimilé l’incertitude du lendemain n’était plus mue que par son instinct de survie. Son regard parcouru d’ondes imperceptibles faisait sans nul doute échos à ses méninges fonctionnant à toute allure.
La brume daignait enfin s’évaporer devant cet étrange couple issu du hasard de cette nuit de Juin, cédant la place à un orage venant du sud, tel un démon traquant sa proie sur ses pattes de foudre. Allait il venir jusqu’à tenir compagnie à Ezechiel ? L’ombre dantesque se révélait petit à petit sous son véritable aspect. Vêtements léger couvrant à peine sa peau d’albâtre qui loin de craindre les courants glacés s’en abreuvait. Une chemise de lin aux allures d’antan, un vieux pantalon de toile remonté jusqu’à ses genoux, délaissant ses pieds éternellement nus offerts aux quatre vents. De longues cicatrices à peine visibles incrustées sur son corps témoignaient d’un passé à jamais présent. Finalement, peut être aurait il mieux valu préférer le brouillard et l’incertitude. Eze qui avait gardé son âme de gamin espiègle mêlait charme intriguant et dangereux…Attitude mystérieuse aguicheuse et funeste.
Les affreux brouillards poisseux continuaient à monter des bas fonds de son âme tandis qu’autour de lui le peuple geignait dans son sommeil. Avec une déférence impudente habituelle, il se permit de sourire impudiquement révélant une dentition impeccable qui ne demandait qu’à faire de nouveau ses preuves. Sans tenter de le faire en douceur, le benjamin des Joyce esquissa quelques pas vers sa proie. Des fois qu’il aurait oublié sa présence réelle et ai confondue sa voix avec sa celle de sa conscience. (Elle est pas blonde après tout ? *ZBAFF)
« Vous vous fourvoyez vous même.. Si je suis vos dires, ma liberté prendra fin lorsque la votre vous sera rendue… »
Tout à ses paroles, la créature venait de serrer le poing droit. Métaphoriquement, il avait en main le destin de son interlocutrice. Jointures closes sans espoir d’ouverture. Attitude obscène, Zech lécha avec délice sa main recourbée.
Absence de gène, absence de cœur. Cet espace de souffrance et de plénitude n’habitait plus sa poitrine. A la place il y’avait une pompe mécanique facile à ignorer. Il n’avait jamais été un Rodrigue de toute manière.
Les paroles ensuite lancée par la jeune femme provoquèrent un sursaut des plus amusés chez l’ombre frémissante. Ainsi l’audacieuse s’avançait en terrain inconnu ? Entre deux éclats qui à coup sur ne manquèrent pas de se faire retourner les morts dans leurs tombes, il fixa intensément son interlocutrice. Long silence pesant dont il se savait être le maître. Silence bien indéfinissable…Nul n’aurait su dire s’il allait se jeter sur cette victime inconsciente ou bien lui répondre. Après deux longues minutes, la seconde option se dégagea.
« Le plaisir est délectable à partir du moment ou il suit un profond désir. Qu’importe ensuite le temps. Qui n’est d’ailleurs pas le même à notre échelle. »
Toujours ce même sourire qui le rendait imprévisible.
Il avait le verbe froid comme la mort.
Il était de nouveau toujours plus proche. Animal ne cessant de porter des attaques jusqu'à épuisement inconscient de la proie. Prenant ses distances pour fondre à nouveau, toujours plus précis, plus tranchant. Intelligence éruptive et néfaste pour l’être vivant.
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