Un sourire malsain surplombé par son éternel regard espiègle aux lueurs glaciales naquit sur ses traits énigmatiques. Son passé ne le hantait plus…non…il l’habitait. Peut être était ce en cela que résidait l’un des secret de sa nouvelle existence. Se nourrir de ses cuisants souvenirs. Chacune de ses profondes inspirations résonnait de ses cris, souffrances et pleurs passés. Ses globules rouges ne charriaient non plus de l’oxygène mais une haine viscérale. Et sa personne suintait de ce mal qu’il avait fait sien non sans délice. Noyer ses victimes dans son petit cirque noir s’était avéré de plus en plus délectable. Jusqu’à ce qu’être le témoin des souffrances des premiers passants venus ainsi que l’acteur de leur terreur devienne son passe temps favori. Son allure décontenancé ne trompait pas. Le vampire était de sortie et son sourire inquiétant portait une ombre funeste, carnassière.
Autant dire que si la jeune femme ne se décidait pas raisonnablement à prendre la fuite, elle ne pourrait s’en prendre qu’à elle même. Ezéchiel était aussi à l’aise qu’une chauve souris dans sa chaussette et il n’avait pas l’intention de se presser. Quelque chose fait à la va vite n’avait aucun intérêt. Plus encore lorsqu’il s’agissait d’un éventuel repas. Les Joyce avait du goût et le sens artistique. Une proie se cuisinait. La première chose à faire était de l’observer…tourner autour à la manière d’un charognard, lui faire sentir une éventuelle fin proche. L’oppresser…Si la victime se trouvait immédiatement tétanisée, la chair devenait rance sous le palet… Comme un morceaux carbonisé sous les flammes vives et toutes aussi brèves. Qui à dit que les vampires n’étaient pas attentionnés ?
Pour le moment la jeune femme paraissait échafauder divers plans pour la suite des évènements…Son regard inquiet mais pas encore affolé détaillait les lieux tout en soutenant parfois le regard inflexible d’Ezéchiel. Bien bien…Son esprit n’était donc pas embué par une frayeur grandissante. Parfait, il avait choisit sa proie à la perfection. La nuit promettait d’être intéressante, loin de la monotonie de ces dernières semaines. L’ombre planante, menaçante, promesse d’un avenir incertain se mit à évoluer lentement autour de l’inconnue. Ce met prometteur dégageait une odeur peu commune. Les sens développés de la créature menaient leurs propres investigations. Etape décisive afin de déterminer la qualité véritable de la proie, les apparences sont parfois trompeuses. Tel l’inspection d’un grand cru, la jeune passante faisait l’objet d’une étude approfondie délicate. Après son odorat se fut son ouïe qui fut interpellée par une anomalie des plus étrange…Eze eut l’impression que les battements de cœur de son interlocutrice trouvait un échos plus profond. Non pas qu’ils accéléraient, préméditant une éventuelle mauvaise mise en bouche…Non…Se pouvait il que…
Zech achevait son tour circulaire autour de la frêle silhouette prise au piège. La voix sans espoir d’une quelconque aide s’éleva de nouveau jusqu’au ciel désormais sans lune. Elle avait opté pour la solution de tenter le tout pour le tout. Plutôt courageux, il ne pouvait l’en blâmer. Cela le conforta dans la certitude qu’il avait à faire à un plat d’exception servit sur un plateau d’argent. Les vampires n’étaient pas devins mais ils possédaient bien des moyens d’arriver à leurs fins, d’apprendre ce qu’ils voulaient, d’obtenir les réponses aux questions qui les taraudaient…
Sans laisser l’espoir à la jeune femme que sa phrase le décontenancerais, il répondit immédiatement, sans laisser l’un de ses longs et lourd silence qu’il affectuait s’installer entre elle et lui. Pourtant c’était bien l’un des meilleurs moyens de faire monter l’angoisse.
Je me plais à être au courant des moindres évènements ayant lieu sur mon territoire…menaces lancées, décès, meurtres…naissances…
J’aime être au courant, cela peux toujours servir…car nous agissons tous dans le cadre d’intérêts personnels, même si l’on ne sert que de pion, les décisions n’engagent que ceux qui les prennent…
Elle s’était adressée à lui sur le même ton que ses premiers mots dont les murs s’étaient fait l’échos. Voix calme mais tout de même contenue, elle n’était pas suicidaire. Lui affichait son air intéressé, comme s’il prêtait une oreille attentive à leur échange. En vérité ses sens étaient surtout tendus vers les signes vitaux de l’inconnue. Plus qu’une réaction extérieur, il attendait un quelconque signe physiologique de sa part. Rien ne transparaissait de ses intentions…Ses pupilles opalescentes qui semblaient avoir emprisonné l’astre lunaire désormais masqué par d’orageux nuages enserraient l’inconnue.
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