Hunvreet
"Mon identité n'est pas une forteresse aveugle,
une cuirasse derrière laquelle je m'abrite pour me couper des autres.
Elle est cette fenêtre qui n'appartient qu'à moi grâce à laquelle je peux découvrir le monde."
I need Feeling
Nous souffrons et nous refusons de souffrir, alors que la souffrance est le stade ultime de la
jouissance : ne rien controler.

Je n’ai jamais été aussi vivante que dans l’âme des gens qui me pensaient morte. Certains meurent à petit feu, je choisis les grandes flammes et le bûcher des rêves. Les livres
m’ont grignoté, maintenant il s’agit de vomir avec justesse, rage et élégance. Mes crises d’intenses jouissances, injustifiées, m’effrayent par leur absolu incohérence, je ne vis pas dans une
forme réelle de l’existence, je suis toujours « à-côté ». Je fais des reproches qu’on me fait des qualités qu’on m’aurait envié un jour. L’horreur d’être seule dans les excès, le
bonheur d’être multiple aussi dans sa propre caricature.
"On me prend pour un salaud un jour, le lendemain pour un saint, comme si j’étais l’un ou l’autre,
rien que « Minestrone » la soupe du pauvre, tous mes ingrédients sont d’honnêtes obédiences, label rouge de mes nuits noires repeintes en blanc. "
Je me bats contre des murs, je fais tellement de promesses qu’il m’arrive de ne pouvoir en tenir aucune. Je veux plus que je ne peux et je ne peux pas faire autrement, qu’à me retrouver à vouloir
faire plaisir à tout le monde en faisant le contraire. Je mens par omission, ou cumule les pieux mensonges par peur que les vérités blessent, et les vérités blessent quand je psalmodie que je ne
suis qu’errante en ce monde, qu’on ne peut compter sur moi que pour de la tendresse et des larmes, quelques rires volés à la volée et des clins d’œil que certains comprennent encore. Ma liberté
qu’on me reproche tant, que certains m’envient, sans en connaître le prix.
seuls me fascinent les individus, les regards croisés, les personnages improbables, les « intelligences sensibles », ceux qui pardonnent sans être chrétien et qui comprennent n’étant
pas crétins. Des amis, des amants, des amies et des amours. Jamais rien à moitié. Ni masculin ni féminin, voguant au-delà sans aucune des prétentions que certains veulent me prêter sans me
connaître. Heureuse de n’avoir, pour de bonnes raisons, n’avoir jamais été totalement détestéz, n’avoir jamais détesté totalement, une âme ou un cœur.
Cette impossibilité d’être enfant, ce refus de m’enfermer dans l’adulte, m'immolant dans le seul paradis de l’existence, où l’on peut dire à
la Sagesse qu’elle aille se foutre un concombre dans le cul.