Hunvreet
"Mon identité n'est pas une forteresse aveugle,
une cuirasse derrière laquelle je m'abrite pour me couper des autres.
Elle est cette fenêtre qui n'appartient qu'à moi grâce à laquelle je peux découvrir le monde."
I need Feeling
Cette catégorie a pour but premier de sauvegarder mes rps
Merci de respecter mon travail.
Sujet réalisé sur : Vipera
Evanesca
Personnages : Desdemona Follow et moi
même
Titre : Knights of King's Blood
Me rendre à l’atelier n’était jamais une sinécure. Il y’avait d’abord la volée d’escaliers à gravir avec métier ; car on ne pouvait l’aborder l’esprit léger sans commettre un sacrilège. Il
fallait à chaque pas s’appliquer d’ors et déjà à participer de son être au pays des poutres et des cloisons de fortune ou l’on allait bientôt entrer. Me rendre à l’atelier était un rite. Il
y’avait surtout, entre la dernière marche franchie et le seuil de mon grenier, le couloir et sous la semelle, son plancher grinçant, comme un ricanement cynique. Je pris vite ce couloir
poussiéreux et, fréquenté par ma seule personne, en adoration. Comme toutes les longues gorges sombres, parce qu’on ne sait jamais ou elles nous mènent et qu’elles ne nous dévoilent rien des
secrets enfouis derrière les parois ou trop grandes ou trop petites. Ma porte était au fond, dans la pénombre insondable de cet édifice voué à la décrépitude. Et je me réjouissais déjà de la
refermer derrière moi, scellant ainsi mon espace mortel. Là lorsque le soleil se faisait trop joyeux ou entêté, les parchemins se noircissaient à vue d’œil sous les assauts de mes pensées
torturées.
Mais pour l’heure, la bruine emplissait la vue offerte par le vitrail qui occupait tout un pan des combles. L’épais tissu pourpre qui servait de rideau était grand ouvert. Le ciel d’encre
s’étendait depuis plusieurs heures, insondable. Il était temps pour moi de rejoindre mon frère. Sade…Le connaissant, il devait errer avec délice entre les tombes du cimetière Mckeane, un des
lieux de prédilection de notre duo. Mon esprit s’était trouvé agressé non sans satisfaction par nombre d’assemblages de mots et, plongé dans leur retranscrïption par la plume, je n’avais vu le
temps passer. La nuit ne m’attendrait point. Sans aucune hésitation, je laissais les lieux dans leur habituel état sans dessus dessous et gravis les échelons menant à la trappe. Frontière avec
l’Empire des sens. A peine était je à l’air libre qu’une brise glaciale me souhaita la bienvenue. Seul un frémissement de délice parcouru mes bras et mes pieds nus. L’horizon infini des toits
semblait une invitation permanente. Debout au sommet de la bâtisse, simplement vêtu de mon éternelle chemise de lin et d’un pantalon de toile me laissant libre de mes mouvements, j’embrassais ma
liberté. La lune opalescente, fidèle compagne, s’apprêtait à accueillir quelques nuages néant, annonciateur d’orage. Qu’est ce qu’un vampire pouvait demander de plus ?
Arborant mon éternel sourire énigmatique qui en faisait sortir plus d’un de ses gonds, lueur espiègle au fond des yeux, je m’élançais sur les pentes humides…Tuiles ou ardoise, rien ne pouvait
ralentir ma course fluide et silencieuse. Mue par une grâce animale, je me demandais de quoi se constituerais cette nuit. Chaque crépuscule est une fête, et chaque Aube représente l’espoir du
crépuscule… Mes sens développés me permettaient de m’orienter aisément, et j’aurais pu rejoindre directement le cimetière…mais je décidais subitement de faire un détour par l’Allée des Embrumes.
Agir sur un coup de tête…Jouissance de mon trésor le plus cher…
Ce coin de la ville se constituait de plusieurs boutique « fourre tout », emplie d’objets plus hétéroclites les uns que les autres. Autant dire que la rue n’était pas des plus fréquentables. Peut
être trouverais je quelque chose pour Sade. Notre habitude de collecter des objets rares ne nous avait pas quitté avec la mort de Maman…Emily…
Un passé devenu ma force…
Mon ombre émergea au sommet d’une rue pavée déserte, perdue dans le labyrinthe. Barjow&Beurk une enseigne à peine lisible mais évocatrice. Le
gérant devait avoir quitté sa boutique depuis un moment. Je m’apprêtais à savourer une chute de quelques mètres afin d’aller jeter un œil expert sur la vitrine, lorsque mon instinct de chasseur
se mit en alerte. Des pas s’approchaient. Figé, mes pupilles se ruèrent sur la jeune femme qui apparue quelques minutes plus tard dans la ruelle. Silhouette incongrue à cette heure et en ces
lieux. L’inconnue jeta un œil à la ronde et disparue dans l’édifice. Curieux de nature, j’atais bien décidé à attendre ! Mes orteils narguant le sol, je détaillais à mon aise les environs. Il
fallait bien m’occuper.
Les couleurs des ruelles. Jamais vives ou vivantes. Certains murs étaient repeints assez fréquemment mais on avait toujours l’impression qu’ils étaient sales, sûrement la peinture était elle même
sale…Ce qui devait constituer la nouvelle jeunesse de certains bâtiments se trouvait avoir la vocation de la morosité, avant même de subir l’épreuve du temps. Et tous ces manants muent par leurs
propres desseins, peu recommandables, peu ambitieux…Ces nombreuses âmes qui à défaut de savoir ou se poser volettent partout, agaçante, inutiles. Cherchant le cadavre. Multitude de réflexions
dédiées à l’archipel de l’insomnie.
Enfin les grincements me ramenèrent à la réalité. Le temps n’ayant plus emprise sur ma personne, je n’avais aucune idée depuis combien de temps je me trouvais assis sur cette toiture moussue. La
silhouette élancée s’apprêtait à quitter les lieux. Amusé, je me mis donc à la suivre par les hauteurs. La ruelle étranglée aurait était idéale pour un agressivement. L’inconnue s’immobilisa
soudainement. Un sourire aux milles facettes illumina mes traits angéliques bien trompeurs. Loin de refléter une espièglerie enfantine, il s’agissait plutôt d’un sourire suintant l’obscénité.
Un vieil échafaudage semblait soutenir une façade qui tombait en ruine. Sans l’once d’une hésitation je l’empruntait afin de me retrouver bientôt au même niveau que damoiselle. Une cape bleue
masquait des formes aguicheuses. Lueur amusée, malsaine. Je ne cherchais plus à me faire discret, j’avais bien compris qu’elle avait senti ma présence. Ma silhouette pâle s’arrêta au milieu de
cette ruelle, mes pupilles grises si particulière se fixant droit devant.
Avez vous trouvé ce que vous cherchiez
?
Demandais je innocemment tandis que mon ombre inspirait la fuite.
Tel un orage imprévu je venais de tomber du ciel.