Dimanche 26 avril 2009
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Quiconque aurait scruté le visage de la démone en ce début de soirée n’aurait pu qu’y capter le masque parfait de
l’impassibilité. Toutes autres émotions semblant fermement muselées au dedans, illisibles à tout inexpérimenté. Mais le jeune vampire qui bien plus sûrement qu’un ami de longue date, avait
automatiquement percé cette apparence, ultime défense de la mafieuse. Plongeant sans attention aucune, ni même précaution ou un semblant de douceur amusée, ses pupilles animales échos d’un néant
prochain, inéluctable, dans ceux de son interlocutrice. Car oui, même s’il affichait une fois n’est pas coutume ses détestables airs je m’enfoutiste et son attitude non moins inquiétante de
maître du jeu, son regard à jamais pétrifiant renseignait sans que le doute ne soit permis, sur ses intentions loin d’être des plus réjouissantes. Mais une franche camaraderie paraissait émaner
de ce duo et aurait presque pu faire illusion. Le client qui passait la porte et parcourait la salle d’un regard circulaire aurait même pu se dire que c’était un jeune couple sur le point de se
former…Ou pas. Faut dire que la silhouette de la jeune femme tentant inconsciemment de fusionner avec la banquette amenait le doute. Et à la table même régnait un sourd relent d’exaspération
mutilée et de désespoir muselé. Jusqu’au bois des meubles qui se rétractait, chaque molécule retenant son souffle. A croire que la réalité elle même désirait régurgiter cet être parasite.
Etrange comme en quelque minutes le corps peut passer d’un étiage que l’on aurait pu considérer commun, à celui bien plus intime de la crainte. Voir de la terreur. Et la présence de Zec se
révélait être un catalyseur unique pour e genre de réaction immédiate. La physiologie de la jeune femme ne trompait nullement un Joyce. Il faut dire qu’a force de ces rencontres intempestives,
notre jeune ami commençait à la trouver toujours plus prévisible. Les meilleurs relations sont celles à court terme. Ou a distance. Il en allait de même pour des proies ; à fore de se fréquenter
on en oubliait la saveurs des premiers instants. Et la soif et le désir prenaient une toute autre signification lors d’attentes prolongées et de satisfaction qui se faisaient attendre. Une
douleur viscérale qui se rappelait au chasseur aux moindres instants, le dominant jusqu’à ce qu’il soit gagné par la folie.
Mais que l’on se rassure, Zec était loin de se retrouver fiché dans cette catégorie pourtant universelle. En fait il ne serait pas faux de mentionner que par la folie qui le menait déjà, tout
autre facteur aggravant ne faisait que lui apporter des prétextes en plus. Et le benjamin Joyce ayant quelques prédisposition à la douleur, s’en était fait une alliée de choix, et une douce
compagne. (Uhm sado lui ?) Nul inquiétude à avoir donc. Il se l’avouait volontiers à lui même, savourer les marques de l’incompréhension et de la peur sur les traits de cette sorcière était des
plus délectable. Et il ne s’en lassait pas comme cela avait pu être le cas par le passé. Réjouissance temporaire pour son interlocutrice. Puisque le jour ou cesserait cette lubie passagère, la
disparition de Desdemona serait des plus violentes, ayant par là même une fonction faussement expiatoire. Oui, à la réflexion, la fréquentation, coutumière il faut croire, de cette femelle, était
sûrement à mettre sur le compte d’un fantasme passager, comme celui d’acquérir un animal de compagnie. La nature curieuse de notre ami était pour le moment maître. Tentant de comprendre encore,
ce qui avait attiré, et continuait d’attirer sa moitié.
C'est une plaisanterie ?
Il était rassurant de constater que les récents aléas de la magie n’avait pas intenté à sa langue, prouvant par la même occasion la preuve que le statut de sorcière n’était pour rien dans la
prédisposition de es femelles à déblatérer pour ne rien dire. Sa question révélait son ignorance. Et confortait Eze dans la considération qu’il se faisait de la mafia. A croire que la conjugaison
de certains astres devait en ce moment réveiller tous les artifices de la malchance. Mais même avec l’excuse de la fatalité, cette organisation lui paraissait de plus en plus désorganisée. Qui
risquerait d’envoyer une récente mère négocier, avec le risque que l’interlocuteur découvre sa famille et la face chanter ? D’ailleurs en parlant de famille…Ezechiel était donc oncle. Depuis
combien de temps ? Il omit volontairement les paroles de la démone, non sans pour autant s’en satisfaire puisqu’elles prouvaient l’état de mauvaise surprise dans laquelle elle se trouvait. Et de
se savoir indésirable et bien mal venu ne rendait le Joyce que plus satisfait. Elle avait répondu à ses pulsions primaires, instinct de survie perceptible dans le désir de trouver des réponse
face aux désagréments de son environnement depuis très récemment rendu plus solide, plus…viable…Régit sûrement par un semblant de raison et d’amour. Et voilà que l’autre se ramenait afin de lui
prouver qu’elle avait tord et qu’elle aurait beau vouloir changer, elle ne resterait indéfiniment qu’une mère incapable d’apporter une sécurité nécessaire à la survie de son mioche. Oh que non
c’était loin d’être une plaisanterie ! On ne peut plus réel même si un cauchemar aurait certes était préférable.
Sans aucun préavis, sa voix s’éleva, achevant de donner consistance à sa silhouette dantesque. Mise en mouvement terrifiante de par son détachement. En un clin d’œil celui qui ce soir abattrait
une fois n’est pas coutume les cartes du destin de Follow, empreinta son éternel air détaché. S’il n’avait pas porté le patronyme de Joyce, personne n’aurait nié son talent d’acteur certain. Mais
appartenant à cette famille, le moindre sourire, le moindre air sérieux ou délicat était voué à l’échec. Volontairement factices, ne donnant que plus consistance à diaboliques esprits. Tignasse
d’ébène posée sur sa main. Il aurait pu être un très bel homme s’il n’avait pas été rongé par la drogue et la bête que l’on devinait agrippée profondément au marécage de son âme. Mais tous était
chez lui déformé par une haine qui bien qu’ancestrale, était l’un des nutriment quotidien de sa condition, sans même qu’il n’en ait encore conscience.
Vu les circonstances, je rois que l’on peut repousser les affaires quelques minutes… Si l’on parlait de la famille ? Alors comme ça on ne m’annonce même pas la bonne nouvelle et mon
nouveau statut ?
Sourire encourageant. Mine boudeuse, tête à claque. Mais bien mal avisé aurait été celui dont la main n’aurait pu résister ! Mais ses pupilles se dilataient dangereusement. Et sa belle sœur
savait à quoi s’attendre. Et puis désormais c‘était officiel, aussi répugnant et détestable que cela soit pour elle, tous deux était étroitement liés. Et pour les Joyce les membres de la famille
passaient avant tout non ? Même et surtout entre les dents. Dites c’est punissable les meurtres de belles sœurs ? Non parcequ’on légitime bien ceux de belles mères…ZBAF okay !
Madame, Monsieur, vous désirez ?
Silence…L’animal ne détacha pas un instant ses yeux noirs de la jeune femme, bien que ses réflexions aient été désagréablement interrompues. Pour autant, son champs de vision englobait tout de
même la silhouette qui venait de s’assurer le fin rapide de son service. Grondement réprobateur. Mais étrangement, Eze n’esquissa pas un geste. Fomentait il déjà quelque chose ?
Deux coupes de champagne, nous avons plusieurs événements à célébrer.
Toujours e sourire enjoliveur tandis qu’il percevait les rouages du cerveau de la démone tourner à plein régime, s’évertuant à nouveau à trouver quelques réponses plus travaillées, voir
réfléchie. Ou pas. Quand au chasseur, il demeurait immobile. Pour le moment. Le calme avant la tempête comme aurait dit l’autre.